CLUB DES ORNITHOLOGUES DE CHÂTEAUGUAY

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COUP D'OEIL SUR LE MONDE

par Françoise April Desrochers

L’île Bonaventure et sa colonie de Fous de Bassan

La Bernache nonnette un oiseau de l’Arctique

Le drame de Chase Lake et les Pélicans d’Amérique

Le projet Rescousse et Le Grand Pingouin

Les pigeons de Pékin

Le Pygargue à tête blanche

Les cygnes de sa Majesté

Le Pluvier siffleur

Les perruches de Londres

L'autruche

Le canard, ce nouveau venu sur nos tables

Les oiseaux en péril

Les oiseaux de cage ou les oiseaux de compagnie

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L'ÎLE BONAVENTURE ET SA COLONIE DE FOUS DE BASSAN

Les parcs et les réserves, les centres d’interprétation et les sentiers écologiques sont nombreux au Québec. Ils sont tout indiqués pour satisfaire notre curiosité d’ornithologues. Un de mes endroits préférés est le parc provincial de l’Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé.

Historique de l’île

L’île Bonaventure, de renommée mondiale, est située à 3,5 km au large du pittoresque village de Percé. Avec le rocher Percé, distant de 5 km, ces deux entités forment un parc national.

On dit que l’île a été colonisée par les Récollets franciscains et qu’ils lui ont donné son nom en l’honneur du cofondateur de leur ordre, Bonaventure de Bagnorea.

L’île a été l’un des premiers sites de pêche saisonnière de la Nouvelle-France. Nombre d’années après que le Canada soit devenu possession britannique, elle devient la propriété de la pêcherie anglo-normande des frères LeBoutillier, bien connus en Gaspésie.

Les réserves de poissons se faisant moins nombreuses, ce sont les différentes espèces d’oiseaux qui font maintenant la réputation de l’île Bonaventure. Outre les Fous de Bassan, on retrouve les goélands, les mouettes, les Guillemots marmette et les Petits Pingouins qui nichent dans les cavités des falaises. Plus de 293 espèces d’oiseaux ont été répertoriées comme espèces migrantes, permanentes ou de passage sur l’île.

Changement de statut

En vertu d’une convention sur les oiseaux migrateurs, signée en 1919 entre le Canada et les États-Unis, l’île devient un sanctuaire d’oiseaux. Ce n’est qu’en 1971 que le Québec en fait l’acquisition et lui confère, en 1985, le statut de parc provincial en y intégrant le rocher Percé. L’île devient ainsi une destination touristique majeure.

Facile d’accès grâce aux nombreux bateliers de Percé qui proposent des excursions autour de l’île, il est possible d’y observer des oiseaux le long de la falaise nord-est.

Haute de 120 mètres environ, cette falaise offre une vue saisissante avec ses milliers de Fous de Bassan qui quittent leurs perchoirs pour tourbillonner autour des bateaux de touristes en quête d’un peu de nourriture.

Sur le site de reproduction des Fous de Bassan, on peut observer de très près, presque à nos pieds, les différents comportements des oiseaux au nid. Les guides du parc sont là pour nous renseigner et répondre à nos questions, mais aussi pour assurer la protection des oiseaux contre les ardeurs de certains touristes ou observateurs peu scrupuleux.

Les Fous de Bassan

Leur habitat

Le Fou de Bassan est un grand oiseau de mer familier qui ne s’éloigne jamais très loin des côtes. Il se pose sur les îles rocheuses, bordées de falaises escarpées, pour nicher. Son aire de nidification se limite à l’Atlantique nord et à la mer du Nord.

On trouve trois colonies de Fous de Bassan dans le golfe Saint-Laurent : celles de l’île Bonaventure, des îles de la Madeleine et de l’île d’Anticosti. Terre-Neuve abrite trois autres colonies. Avec ses 42 000 couples qui y nichent, la colonie de l’île Bonaventure est celle qui comprend la plus grande concentration de Fous de Bassan en Amérique du Nord.

Cette donnée, et bien d’autres, peut varier selon les sources et les dates d’entrée des statistiques.

L’archipel britannique de Saint Kilda est le lieu de nidification le plus important au monde, avec ses 60 000 couples de Fous de Bassan. Notons que les colonies du continent européen migrent vers la côte africaine jusqu’aux Açores et que celles d’Amérique du Nord s’envolent vers le sud jusqu’au golfe du Mexique.

Observation de l’oiseau

Le Fou de Bassan est un bel oiseau au plumage blanc éclatant dont le cou et la tête sont jaune pâle. Le bout des ailes et ses courtes pattes sont noirs. Sa silhouette élancée nous permet de l’identifier facilement. Il arrive sur la côte atlantique vers le mois de mars et s’installe sur le plateau supérieur de certaines îles, dont l’île Bonaventure, pour se reproduire et nicher.

Il fait son nid avec de la boue bien tassée à laquelle il ajoute de l’herbe, des algues et des débris de mer. Il commence à nicher à la fin d’avril et l’éclosion a lieu en juin. L’unique œuf du couple est couvé sous les pattes palmées des deux parents, à tour de rôle pendant six semaines. Les jeunes prennent leur envol dès le début de septembre.

Les mâles et les femelles adultes se ressemblent alors que les juvéniles ont le plumage foncé; ils deviennent de plus en plus clairs et complètement blancs à l’âge de cinq ans. C’est à cet âge qu’ils peuvent se reproduire.

Les Fous de Bassan se nourrissent de poissons qu’ils capturent en plongeant d’une hauteur d’une dizaine de mètres et souvent plus. Ils rendent service aux pêcheurs en localisant pour eux les bancs de poissons.

Avec des ailes ayant une envergure de 1,80 m, c’est tout un spectacle de les voir plonger à vive allure du haut des falaises pour capturer leur nourriture. Ils ne restent pas longtemps sous l’eau où ils prennent parfois le temps d’avaler leur proie avant de réapparaître à la surface.

C’est vers la fin de septembre et au début d’octobre qu’ils nous quittent pour passer l’hiver plus au sud.

Le Fou de Bassan, ce magnifique oiseau blanc pourrait être l’emblème ornithologique de la Gaspésie, étant présent en grand nombre dans le golfe et l’estuaire du Saint-Laurent.

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LA BERNACHE NONNETTE UN OISEAU DE L'ARCTIQUE

Origine du nom

C’est au Moyen-âge qu’on attribue pour la première fois le nom « bernache» à la Bernache nonnette. On croyait que ce palmipède ne venait pas d’un œuf comme les autres oiseaux, mais plutôt d’un étrange crustacé qui se fixe aux épaves des navires. Ce coquillage qu’on nomme «bernache ou bernacle» a en effet un long pédoncule qui ressemble à un cou d’oie. C’est grâce à cet appendice que le coquillage se fixe aux coques des embarcations et aux épaves et flotte au gré des courants. Encore faut-il avoir beaucoup d’imagination pour en arriver à une telle conclusion.

Quant au mot nonnette qui signifie «petite nonne», il vient des quelques plumes noires qui recouvrent la tête de l’oiseau et qui font penser à la coiffe noire que portaient les religieuses à cette époque. Les temps ont bien changé, mais le nom de l’oiseau est demeuré le même.

Au Québec, on utilisait le mot «outarde» pour désigner la Bernache du Canada. Le terme outarde vient des premiers colons français qui ont comparé notre oie à l’«Outarde canepetière», un oiseau européen qui leur était familier. Ce dernier, monté sur de grandes pattes est de la taille d’un gros faisan et ressemble à notre bernache locale. De là la méprise et le nom «outarde» a perduré pendant de nombreuses années.

Description

La Bernache nonnette est une espèce d’origine européenne semblable à notre Bernache du Canada. On lui trouve des similitudes avec cette dernière, quoique son apparence soit un peu différente. En effet, cette petite oie européenne est identifiable à son cou et sa poitrine noirs, sa tête étant presque toute blanche. Par contre, notre Bernache du Canada a un cou beaucoup plus long. Seuls les joues et le dessous de la tête sont blancs, alors que la poitrine est d’un gris très foncé. Dans les deux cas, le mâle et la femelle sont semblables.

Habitat

La Bernache nonnette est un oiseau typique de l’Arctique qui hiverne dans les pays nordiques, surtout dans les îles Hébrides situées au nord-ouest de l’Écosse et de l’Irlande. On en trouve également dans le nord-ouest de l’Angleterre et le sud-ouest de l’Écosse.

Quelques colonies venant de la Russie hivernent dans les Pays-Bas.

Elles habitent les prés inondés et les marais côtiers. Elles aiment bien les îles herbeuses, car elles sont végétariennes. Quand l’herbe se fait plus rare, elles peuvent manger des algues et des insectes aquatiques. Elles vivent en colonies très denses, nagent très bien, mais préfèrent se nourrir au sol. Elles se reposent sur l’eau ou les dunes de sable de l’estuaire.

Les Bernaches nonnettes que l’on retrouve ailleurs sur le continent européen sont des oiseaux échappés de captivité. En effet, on a procédé à des élevages de cet oiseau, cette espèce étant très prisée pour sa chair tant en Europe qu’en Amérique du Nord.

Nidification

C’est vers la fin de mai que commence la migration vers l’Arctique pour la période de nidification. Les oiseaux nichent au Groenland, au Spitzberg et dans l’archipel de Nouvelle-Zemble.

Lors de la parade, les couples se promènent le cou tendu en battant des ailes et en criant très fort. Chacun choisit son partenaire pour la saison et ces liens peuvent durer toute la vie. Le nid construit sur la corniche d’une falaise non loin du littoral est fait de végétaux et tapissé de duvet pour la douceur des petits. Il est souvent situé à proximité de celui du Faucon gerfaut qui lui assure une protection contre les prédateurs terrestres.

La femelle y dépose de trois à cinq œufs qu’elle couve seule pendant 25 jours environ. Le mâle monte la garde et apporte la nourriture à sa compagne. Les jeunes sont actifs dès l’éclosion et peuvent voler après 40 à 45 jours. Le départ se fait à la fin d’août ou au début de septembre. Le groupe reste uni pendant le trajet de migration vers le sud et tout le temps de l’hivernage.

La réserve de Loch Gruinart

L’île d’Islay est une petite île au nord-ouest de l’Écosse qui accueille pas moins de 40 000 Bernaches nonnettes chaque année en plus de centaines d’Oies rieuses et d’Oies cendrées. Tous ces palmipèdes arrivent sur leur lieu d’hivernage à la fin de l’été, juste avant la récolte des céréales qui abondent dans ces champs fertiles. Il y a donc un conflit avec les agriculteurs qui voient arriver avec appréhension tous ces oiseaux friands de grains de céréales.

De plus, l’île d’Islay compte pas moins de sept distilleries qui fabriquent du scotch. On cultive de grands champs de céréales, particulièrement de l’orge, nécessaire à la fabrication de cet alcool.

Les agriculteurs se plaignent de plus en plus de la présence de ces grands oiseaux dans leurs champs. On a dû créer une réserve spéciale pour les protéger.

C’est dans les années 80 que fut créée la réserve naturelle de la «Royal Society for the Protection of Birds». Le projet visait à protéger les aires agricoles des Bernaches nonnettes qui étaient en déclin de population. Ne tenant pas compte des protestations des agriculteurs et des distillateurs, le projet a vu le jour et les oiseaux ont gagné leur cause. Leur population a augmenté et, à ce jour, on n’a pas encore manqué de scotch. Comme quoi le scotch et les bernaches peuvent parfois faire bon ménage.

Un heureux hasard

En janvier 2006, une Bernache nonnette fut observée à Saint -Timothée près de Valleyfield. Elle fut inscrite sur le site Les Oiseaux rares du Québec. Quelque temps après, l’oiseau fut abattu par un chasseur à Hawkesbury en Ontario. Du moins, croit-on que c’est le même spécimen. L’oiseau portait une bague à chaque patte dont l’une indiquait sa provenance du Royaume-Uni. Bon départ pour les recherches qui s’intensifièrent pour en arriver à la conclusion que la bernache venait d’Écosse et plus particulièrement de la réserve de l’île d’Islay. Elle avait été baguée le 9 novembre 2004.

C’est la première fois qu’on pouvait signaler, preuve à l’appui, qu’une Bernache nonnette, sauvage et non échappée de captivité, était signalée au Canada et même dans toute l’Amérique du Nord.

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LE DRAME DE CHASE LAKE ET LES PÉLICANS D'AMÉRIQUE

Le phénomène

Il s’est passé un phénomène incroyable à l’été 2004 dans le refuge de Chase Lake, une réserve faunique dans l’état du Dakota du Nord, au sud du Manitoba.

En l’espace d’une journée, le 2 juin 2004 précisément, des milliers de Pélicans d’Amérique ont déserté les lieux de façon mystérieuse.

Quatre oiseaux qui étaient porteurs de radios émetteurs sont partis en même temps mais ils ont pris quatre directions différentes. Chose étonnante, cela ne s’était jamais produit depuis l’ouverture de la réserve il y a environ 100 ans.

La réserve

Cette réserve a été créée par le président américain Théodore Roosevelt en 1908 pour préserver une colonie de pélicans dont les effectifs étaient dangereusement à la baisse. La réserve couvre un territoire important de 1800 acres de prairies et d’étangs où chaque année viennent nicher les pélicans. Il s’agit d’une des quinze premières réserves à voir le jour sur le territoire américain.

Dès l’instauration de ce refuge, la colonie d’oiseaux s’est développée tranquillement mais sûrement.

Dans les années 60, la colonie prend de l’ampleur et on compte environ 8 000 pélicans. Son nombre grandit rapidement par la suite pour atteindre 35 000 oiseaux en l’an 2000. C’est un franc succès compte tenu qu’au début, les effectifs étaient à leur plus bas niveau, soit une cinquantaine d’individus. Aujourd’hui, ce territoire est devenu la plus grande réserve de pélicans en Amérique du Nord.

Déclin de la colonie

Tout allait pour le mieux quand arrive ce drame incroyable, soit le départ précipité des oiseaux. Les Pélicans d’Amérique qui ont passé l’hiver dans les États du Sud, reviennent nicher chaque année au lac Chase au début de mai. L’éclosion des œufs doit débuter en juin, mais chose bizarre, les pélicans commencent à déserter les nids à la fin de mai.

On s’aperçoit alors que les nids sont abandonnés avec leurs œufs ou leurs petits. Le 2 juin, jour fatidique, la colonie est vidée de ses habitants adultes. On ne retrouve que des œufs dont l’incubation n’est pas terminée et des carcasses de jeunes oiseaux dont le développement est à peine commencé. Le phénomène se répète dans d’autres colonies situées sur la même réserve faunique.

Les biologistes se confondent en hypothèses pour expliquer la disparition des pélicans.

Les causes du désastre

Plusieurs théories ont été élaborées pour expliquer ce phénomène. On pense aux prédateurs tels le renard et le coyote, mais ils ne sont pas plus nombreux que par le passé. Peut-être une maladie particulière ou la contamination du site, mais les tests en laboratoire, pour vérifier l’hypothèse, sont tous négatifs. On n’a pas retrouvé de carcasses d’oiseaux infectés qui pourraient signifier une épidémie.

La température peut avoir joué un rôle décisif dans ce départ précipité. Le temps froid et pluvieux a persisté durant toute la période de la ponte des œufs, mais les pélicans sont renommés pour être robustes et peuvent résister au froid.

Reste le manque de nourriture, conjugué à d’autres facteurs, qui peuvent avoir décidé les oiseaux à quitter les lieux si vite.

Il y a quelques années, les étangs étaient plus grands dans le parc et la nourriture plus abondante dans les champs. Les pélicans se sont multipliés au point de devenir trop nombreux pour le territoire qui leur était assigné.

L’eau et la nourriture n’étant plus suffisantes, on suppose qu’ils ont cherché refuge ailleurs.

L’été 2005

En l’an 2005, les pélicans sont de retour en avril, au même endroit mais en moins grand nombre. Dans une des colonies de la réserve, les oisillons meurent progressivement sans qu’on sache pourquoi. Les adultes désertent alors les nids et s’en vont ailleurs. Il ne reste plus que les parents qui ont encore des becs à nourrir. Le mauvais temps survient en juillet et le reste des petits succombent au froid et à la grêle. C’est donc la fin pour cette colonie cette année là.

Les biologistes se consolent en disant que c’est peut-être une «correction naturelle», ne trouvant pas d’autres explications à ce phénomène.

Présence des Pélicans d’Amérique au Canada

Chez nous, c’est dans le Parc national de Prince Albert au centre de la Saskatchewan, qu’on retrouve une des plus grandes colonies de nidification de Pélicans d’Amérique.

Parmi tous les oiseaux du Canada, rien n’est plus spectaculaire qu’un groupe de pélicans volant majestueusement en forme de V dans un beau ciel des prairies. Ces grands oiseaux ont une envergure d’ailes de trois mètres et leur plumage est presque entièrement blanc. Ils sont gros et massifs mais malgré leur poids, ils ont un vol gracieux et plein de légèreté.

L’oiseau se concentre dans l’ouest et le centre du pays. L’hiver, ils habitent près des côtes maritimes ou sur des lacs d’eau douce. L’été ils viennent nidifier en colonies sur les îles des lacs des Prairies dans les parcs nationaux.

Le Pélican d’Amérique se nourrit principalement de petits poissons d’où son bec énorme et sa poche gulaire qui lui permet de capturer sa proie tout en nageant. Cette poche gulaire sous la mandibule inférieure peut contenir jusqu’à dix litres d’eau et peut aussi servir à stocker de la nourriture pour les petits. La femelle pond deux œufs par année, qu’elle couve en alternance avec le mâle, chacun allant pêcher à tour de rôle, rapportant aux petits des poissons régurgités.

Conclusion

On n’a pas observé de phénomène de désertion des nids des pélicans au Canada. La colonie de Prince Albert semble en bonne santé. Elle est suivie de près par Parc Canada qui a un programme de surveillance pour la protection de l’espèce.

Pendant dix ans, les Pélicans d’Amérique ont été inscrits sur la liste des espèces menacées. Après cette alerte, les colonies ont été mieux protégées et les effectifs ont augmenté dans chaque colonie.

En 1985 on a donc retiré le Pélican d’Amérique de la liste des espèces menacées.

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LE PROJET RESCOUSSE ET LE GRAND PINGOUIN

Le projet

Lancé en 1998, Rescousse est un projet qui a pour objet de sensibiliser le public à la vulnérabilité des espèces animales. C'est ainsi qu'au cours des ans, on a fait état de la précarité du Pluvier siffleur et du Chevalier cuivré.

En l'an 2005, on a choisi le Grand Pingouin pour figurer sur l'étiquette de la bière Escousse, une bière saisonnière qui fait la promotion de ce projet. Cette bière est brassée par Brasseur R. J. qui produit également la Cheval Blanc et la Belle Gueule. Une partie des profits de la vente de cette bière est versée au Fonds sur la faune en danger de la Fondation de la faune du Québec.

Le but du projet Rescousse, selon le biologiste Alain Branchaud est : "d'éveiller notre mémoire collective aux grands désastres du passé pour que de tels événements ne se reproduisent plus jamais".

Le projet permet ainsi de consacrer temps et argent pour la protection des espèces en danger et en voie de disparition. Le Grand Pingouin fait donc partie de cette dernière catégorie.

Le Grand Pingouin

Origine de son nom

Le mot pingouin était utilisé au milieu des années 1500. Il viendrait, selon certains experts, du breton ou du gallois : pen pour tête et guen pour blanc. Cela pour désigner la tache blanche de chaque côté du bec de l'oiseau. D'autres experts pensent qu'il vient du portugais ou de l'espagnol El pinguino qui fait référence à un mets agréable après des semaines de rationnement en mer.

Les explorateurs anglais qui ont fréquenté l'antarctique le nommèrent penguin en référence à une espèce nordique presque disparue. Les explorateurs français leur ont donné le nom de manchot à cause de leurs petites ailes. Le nom anglais est aujourd'hui Great auk.

Description

Le Grand Pingouin était le plus grand des alcidés de l'ère moderne. Il avait une hauteur de 70 cm, soit deux fois plus grand qu'une marmette. Il pesait environ 5 kg et ressemblait à son cousin le Petit Pingouin qui habite l'estuaire du Saint-Laurent et l'Île Bonaventure. On l'a souvent comparé aux manchots de l'hémisphère sud parce qu'il ne volait pas. Cependant, comme les manchots, il était un grand nageur et se servait de ses petites ailes pour se déplacer sous l'eau.

Habitat

Le Grand pingouin fréquentait les zones froides de l'Atlantique nord. Il passait environ 10 mois en mer et venait à terre seulement pour la période de nidification. Il se reproduisait sur des côtes plates et non sur des falaises ce qui a certainement facilité son extinction. Chez nous, on le voyait sur l'île Funk près de Terre-Neuve et aux Rochers aux oiseaux dans les Îles-de-la-Madeleine. La colonie principale était au large de l'Islande.

On a recensé d'autres colonies au nord de l'Europe, dans des îles appartenant à l'Écosse et au Danemark.

Comme il ne volait pas, il était obligé de s'établir sur des îles qu'il pouvait atteindre facilement à sa sortie de l'eau. C'est là qu'il pondait l'unique œuf du couple et cela une fois l'an, sans avoir construit un nid.

Historique au Canada

Jacques Cartier est le premier à avoir mentionné la capture d'un de ces oiseaux à la fin de juin 1534, à l'île des Oiseaux, aujourd'hui nommée l'île Funk. Cartier raconte qu'il y en avait tellement qu'on en chargeait de pleines barques. Il y en avait partout sur l'île, mais surtout dans la mer, parce qu'ils ne pouvaient pas voler à cause de leurs petites ailes. On les chassait pour leur chair délicieuse et leurs œufs tout aussi bons.

Tous les marins qui venaient pêcher la morue sur les Grands bancs de Terre-Neuve connaissaient ce bel oiseau et le considéraient comme un cadeau venu de la mer après une longue traversée qui finissait souvent par un manque de ration alimentaire. Leur chasse tourna en vrai carnage étant donné le nombre de navires qui venaient pêcher dans les eaux canadiennes.

Entre 1760 et 1780, on découvrit la valeur commerciale du Grand Pingouin pour son plumage. La colonie de l'île Funk fut donc exploitée pour ses plumes qui servaient à la fabrication des oreillers et des matelas. Les oiseaux ont donc fait l'objet d'une chasse abusive jusqu'à l'extermination de l'espèce au 18ième siècle.

Historique en Islande

Au sud de l'Islande, une colonie habitait sur une île volcanique inaccessible aux navires à cause des courants marins. Une irruption volcanique en 1830 engloutit l'île et obligea les Grands Pingouins à aller nicher sur une île voisine, l'île Edley. Dès que les gens de la côte aperçurent les oiseaux, ils découvrirent en même temps une nouvelle source de nourriture. On n'hésita pas à les chasser, ce qui mit vite un terme à cette nouvelle colonie.

On affirme que le dernier couple de l'île fut abattu par des chasseurs à la recherche de gibier le 3 juin 1844. Comme les oiseaux ne pouvaient pas s'envoler, ils furent vite tués juste au moment où ils couvaient un œuf. C'est ainsi que disparurent les derniers spécimens de l'espèce.

Conclusion

Les historiens pensent que d'autres couples de Grands Pingouins ont pu survivre ailleurs mais en nombre insuffisant pour assurer la survie de l'espèce.

Chose certaine, il a totalement disparu d'Europe et du continent nord américain. Les quelques spécimens qui ont survécu dans d'autres contrées suscitent la convoitise des collectionneurs.

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LES PIGEONS DE PÉKIN

Les pigeons sont de retour à Pékin, mais attention, les plus nobles d'entre eux, les "pigeons voyageurs". Ils ont bien failli disparaître mais reviennent grâce à "l'association pékinoise des éleveurs de pigeons voyageurs" créée en 1982.

L'élevage des pigeons voyageurs est un art ancien qui remonte à la dynastie Ming (1368-1644). Mais bien avant eux, les anciens égyptiens, il y a de cela plus de 5000 ans, domestiquaient les pigeons.

Dans la Grèce antique, ces oiseaux servaient de courriers lors des jeux olympiques.

L'armée les utilisait comme messagers à cause de leur instinct de navigateur. Les messages étaient insérés dans de petits tubes qu'on attachait à la patte de l'oiseau. Ils furent donc utilisés en temps de guerre. Ainsi, ils rendirent de grands services pendant le siège de Paris en 1870 et pendant la première guerre mondiale.

Pour en revenir à nos pigeons chinois, les aristocrates du pays, riches et oisifs, les élevaient pour la beauté de leur plumage. Ces plumes devaient sûrement orner les couvre-chefs de ces messieurs et les grands chapeaux des belles dames. Ces nobles savaient aussi dresser les pigeons pour des spectacles d'acrobatie aérienne et musicale : en volant, les pigeons faisaient résonner des sifflets de bambou attachés à leurs pattes.

Quelle imagination chez ces gens de la haute société ! Les courses de pigeons voyageurs ont été organisées en Chine dès les années 30, mais ont ensuite été bannies à la Révolution culturelle en 1966.

Les autorités du Régime les considéraient comme un passe-temps "féodal et capitaliste". Les meilleures races de pigeons ont donc disparu de Chine.

Mais, les pigeons reviennent en force pour le plus grand plaisir des amateurs chinois passionnés de ce sport. Pas besoin d'être riche ou bourgeois pour avoir son pigeonnier, il suffit de construire de petites cabanes en bois ou en carton pour y loger les oiseaux.

On choisit les volatiles en examinant la forme de l'œil et en tâtant les muscles de leurs ailes, puis on les entraîne comme des athlètes. On les dresse à porter des messages au loin ou à courir des distances dans des temps records. L'entraînement des jeunes pigeons se fait en les familiarisant avec leur environnement puis en les relâchant petit à petit de plus en plus loin.

Il y a des pigeons pour différentes sortes de courses: des sprinters, des coureurs de demi-fond et des marathoniens. Les pigeons voyageurs peuvent parcourir plus de 600 km à une vitesse de 60 km à l'heure.

Le record de distance, en Chine, est de 2300 km.

Au XX° siècle, l'armée américaine qui entraînait des pigeons a établi un record avec des oiseaux qui, lâchés à une distance de 3700 km de leur nid, surent retrouver le chemin de la maison.

En Europe, on se spécialise en courses sur de courte distance.

Il y a aussi le lancer de pigeons pour inaugurer les cérémonies officielles. C'est une tradition. En Chine, rien de mieux qu'une envolée de pigeons au son de l'hymne national pour célébrer un événement d'importance (anniversaire public ou événement sportif). C'est "l'association pékinoise des éleveurs de pigeons voyageurs" qui a le mandat de fournir les pigeons nécessaires pour célébrer avec "panache" les grandes fêtes du pays.

Le pigeon voyageur est une race de pigeons remarquable par son instinct d'orientation et son aptitude à retrouver son nid. Ainsi, après leurs prouesses dans le ciel, ils reviennent sagement au bercail à la grande joie des propriétaires. Les recherches portent à croire qu'ils utilisent une combinaison de sources de navigation comme leur sensibilité aux changements dans le champ magnétique de la terre, dans les ultraviolets dans le ciel, dans la lumière polarisée du soleil et dans leur capacité à identifier les points de repères géographiques.

Il reste que leur habilité à retrouver leur domicile demeure un mystère et c'est cela qui attire les passionnés de ce sport assez spécial mais combien gratifiant.

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LE PYGARGUE À TÊTE BLANCHE

Le pygargue, le chevreuil et les poulets.

Le pygargue

Le Pygargue à tête blanche est ce magnifique oiseau qui a près d'un mètre de hauteur et plus de deux mètres d'envergure quand ses ailes sont déployées. On le nommait autrefois "Aigle d'Amérique" ou "Aigle à tête blanche".

Il est l'emblème aviaire des États-Unis depuis le 20 juin 1782. Malgré certaines dissidences, le congrès américain l'a préféré à l'Urubu à tête rouge et au Dindon sauvage.

Certains accusent ce bel oiseau d'être un charognard qui pirate sans vergogne le Balbuzard pêcheur. D'autres, par contre, admirent son comportement féroce. Une chose est certaine, ce rapace nous fascine par son regard perçant et sa livrée spectaculaire.

C'est en Colombie-Britannique et en Alaska qu'on retrouve principalement ces grands oiseaux, près des frayères. Plus près de nous, c'est l'île d'Anticosti qui les abrite fièrement.

L'île est un des derniers bastions du pygargue dans l'est du pays. Autrefois, ces oiseaux fréquentaient tout l'hémisphère Nord. Aujourd'hui, ils sont une "espèce menacée" au Québec. Leur décroissance est due à l'exploitation forestière, à l'expansion de l'agriculture et à l'épandage d'insecticides. Le DDT a causé l'amincissement de la coquille des œufs avec les conséquences qu'on imagine.

Le chevreuil

C'est grâce au Cerf de Virginie appelé "chevreuil" par la plupart des québécois que le pygargue a trouvé refuge dans l'île d'Anticosti.

Le chevreuil a été introduit dans l'île en 1896 par un riche chocolatier français du nom de Henri Menier. Il y acclimata aussi d'autres petits animaux dont le castor, le lièvre et même la grenouille. M. Menier venait d'acheter l'île et voulait en faire un lieu de prédilection pour la chasse, la pêche y étant déjà très bonne.

Comme le chevreuil n'avait pas de prédateur sur l'île, il s'est répandu au point de devenir une nuisance pour son propre environnement. Il en meurt beaucoup, soit de faim ou de maladie. Leurs carcasses deviennent un mets de choix pour le pygargue.

Il faut ajouter au menu de l'oiseau une abondante population aquatique, surtout que la pointe ouest de l'île est libre de glace toute l'année. Avec ses grands arbres matures pour la nidification, ses lacs poissonneux et sa forêt regorgeant de gibier, l'île demeure un habitat de choix pour le Pygargue à tête blanche.

Les poulets

L'expérience de l'île d'Anticosti fut peut-être une inspiration pour les amants de la nature de la Nouvelle-Écosse, coin de pays d'où le pygargue avait disparu.

Depuis les années soixante-dix, les naturalistes et les producteurs de poulets ont mis leurs efforts en commun pour réintégrer le pygargue sur leur territoire.

Leur méthode est simple. Tous les matins, plusieurs éleveurs épandent à l'extérieur les carcasses de poulets morts pour attirer les oiseaux chez eux. C'est un programme volontaire et un franc succès.

L'abondance de nourriture et le peu d'efforts pour l'obtenir ont attiré ces grands oiseaux. Ils sont maintenant plus de cinq cents rapaces à hiverner dans le coin de Sheffield Mills dans la vallée d'Annapolis.

Le pygargue est, avec le temps, devenu le symbole de la région. À tous les mois de février, le "Sheffield Mills Eagle Watch Festival" attire touristes et ornithologues de partout. Ils viennent admirer les spécimens de cette espèce, l'une des plus impressionnantes de l'hémisphère Nord. Parfois, dix, vingt ou trente de ces oiseaux sont là, perchés dans les grands arbres pour mieux observer les us et coutumes des êtres à grandes lunettes. Quelle beauté !

Ces pygargues viennent de l'île du Cap Breton et de Terre-Neuve. Plusieurs y retournent pour nicher, mais, un certain nombre reste dans la région toute l'année.

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LES CYGNES DE SA MAJESTÉ

Les britanniques ont un profond respect de la nature en même temps qu'un amour de leurs traditions. Il existe à Londres une activité traditionnelle nommée "Swan upping" ou décompte annuel des cygnes.

Des cygnes royaux

Dès le douzième siècle, le cygne avait un statut royal. La propriété en était limitée à l'aristocratie, aux riches bourgeois et plus tard, au quinzième siècle, à deux corporations, les teinturiers et les négociants en vins. Le cygne était considéré comme un mets royal servi lors des cérémonies et ceci, jusqu'au début du vingtième siècle, alors qu'il fut remplacé dans les assiettes princières par la dinde.

La chasse aux cygnes durant la période des amours et l'abattage d'un cygne par une personne non autorisée étaient sanctionnés par de fortes amendes. En 1895, l'atteinte aux cygnes pouvait encore entraîner jusqu'à la déportation ou sept ans de travaux forcés. Tout ça pour vous dire qu'on ne rigolait pas quand il s'agissait du cygne.

Si un cygne appartenant à un particulier se retrouvait dans la nature sans marque d'identification du propriétaire, il devenait automatiquement la propriété du roi. En 1378, on crée le poste de "Garde des cygnes du roi". Bien entendu, en raison de la valeur de ces volatiles, le brave Garde des cygnes du roi procède à des recensements. Au cours du règne de la reine Élizabeth première (1558-1603), le décompte ou "Swan upping" était complété en une journée par les gardes-chasses le long de la Tamise.

Ils devaient localiser les cygnes accompagnés de petits, les pousser vers la berge, les enfermer dans des cages pour les contenir, examiner les parents, mâle et femelle, pour en identifier le propriétaire et ensuite, à l'aide d'un couteau bien effilé, marquer le bec des bébés d'une entaille correspondant à la marque d'identification du propriétaire des parents. Lors du marquage, les propriétaires autres que le roi devaient payer une forte taxe. Il fallait donc, non seulement être un notable, mais également être riche pour posséder des cygnes.

The Swan upping week

La tradition du "Swan upping" s'est conservée. Le recensement est organisé par le Garde des cygnes de la reine qui est aussi connu sous le nom de Marqueur des cygnes de la reine. Il officie à partir de la barque à rames de la reine arborant la bannière de la royauté. Les corporations des teinturiers et des négociants en vins l'accompagnent aussi en barques à rames, leurs bannières en poupe.

Tout ce beau monde porte blazer ou chandail d'apparat de sa corporation ou du souverain. La tradition exige que le Garde des cygnes de la reine et ses recenseurs aient des costumes écarlates, les négociants en vins des habits verts et les teinturiers des bleus. Les chaloupes officielles sont accompagnées d'embarcations à moteur. Le décompte commence le lundi de la troisième semaine de juillet à Sunbury sur la Tamise, en amont de Londres. Il se termine le vendredi à Abingdon, en amont de la capitale.

On aura couvert environ 55 km le long de la Tamise. Le mardi matin, la flottille se retrouve au château Windsor et la journée commence par un toast à Sa Majesté. Tous les occupants, debout dans leur embarcation, font face au château et boivent à la santé de leur souveraine.

Le décompte consiste à remonter le fleuve à la recherche des familles de cygnes. Lorsqu'on aperçoit une famille, on l'entoure, on la pousse vers le rivage où on attrape les parents et les petits. On examine alors leur état de santé, on les mesure et on les pèse. Les poussins dont les parents appartiennent aux corporations sont bagués au lieu d'être marqués au couteau sur le bec comme cela se faisait jadis. Les cygnes de la reine ne reçoivent aucune marque d'identification. Tout comme autrefois, si un cygne n'est pas marqué, il appartient à la royauté.

En 1970, on comptait environ 600 oiseaux le long du parcours de recensement alors qu'en 1980, on n'en aura recensé que 114. La raison avancée pour ce déclin serait l'empoisonnement par les plombs des lignes à pêche que les cygnes avaleraient ainsi que la strangulation par les lignes à pêche abandonnées.

Le Garde des cygnes de la reine s'occupe tout le reste de l'année de la conservation de l'espèce. La vigilance de ces bons samaritains et une mise en garde aux pêcheurs de la Tamise ont aidé à la conservation de l'espèce.

On peut donc encore aujourd'hui admirer ces beaux oiseaux blancs, propriété de Sa Majesté.

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LE PLUVIER SIFFLEUR

Avec la venue du printemps, plusieurs d'entre nous commencent à planifier leurs vacances pour l'été qui s'en vient. L'archipel des Îles-de-la-Madeleine est une destination à inscrire dans le carnet de route de l'ornithologue désireux d'agrandir son rayon d'action. On y trouve un bel éventail de la faune ailée et plus particulièrement le Pluvier siffleur. Ce charmant limicole figure parmi les trois espèces menacées au Québec.

Une virée du côté de l'étang de l'Est et vous trouverez un des rares couples de Grèbes esclavons. L'île Paquet vous fera découvrir la Sterne de Dougall, l'île Brion, le Macareux moine et vous pourrez admirer le Guillemot de Brunnich au Rocher-aux-Oiseaux. Plusieurs autres espèces cohabitent dans les îles, à la grande joie des Madelinots.

Le Pluvier siffleur est un petit oiseau de rivage de la couleur du sable sec. Il se camoufle donc très bien sur les plages qui lui servent d'habitat. Son nid est une simple dépression dans le sable parmi les galets. Ses œufs au nombre de quatre reposent souvent sur quelques fragments de coquillages blanchâtres. Les parents défendent bien leur nid et leurs petits en criant et en simulant une blessure pour détourner l'attention des prédateurs.

Les dunes de sable où niche le Pluvier siffleur constituent un milieu fragile où l'espèce doit se battre contre plusieurs éléments destructeurs.

Le premier de ceux-ci est la nature elle-même avec ses soubresauts et ses tempêtes. L'action répétée du vent et de la mer donne au paysage toute sa beauté, mais cause aussi d'énormes dommages en modifiant le relief des dunes où niche notre limicole.

Les prédateurs de plus en plus nombreux s'attaquent aux œufs et aux petits en quête de nourriture pour leur propre survie. C'est le cas du renard qui se multiplie, n'étant plus chassé dans les Îles. Les corbeaux et les corneilles sont aux aguets depuis la fermeture du dépotoir à ciel ouvert. Comme la pêche aux poissons de fond est interdite, les goélands disposent de moins de résidus de pêche et survolent les nids dangereusement.

Enfin, les humains et leurs activités ne respectent pas ce milieu fragile que sont les dunes de sable. La circulation des véhicules tout terrain et l'insouciance des touristes sur les plages peuvent entraîner la destruction ou l'abandon des nids et des œufs. C'est donc une menace de plus pour la survie de l'espèce.

Le Pluvier siffleur nichait jadis en petit nombre en Gaspésie, le dernier nid a été signalé en 1973. Il a aussi déserté la Côte-Nord depuis 1986. On ne le retrouve plus qu'aux Îles-de-la-Madeleine grâce à la vigilance des Madelinots.

"Attention Fragiles"

C'est en 1988 que s'est formé l'organisme "Attention Fragiles" voué à la sauvegarde de l'espèce et à la protection de l'environnement de l'archipel. En collaboration avec le "Service canadien de la faune", des bénévoles font l'inventaire des sites de nidification du Pluvier siffleur.

Les nids sont recouverts de treillis afin d'éviter qu'ils ne soient pillés par les prédateurs tout en permettant aux parents de se faufiler entre les mailles du filet. L'organisme intervient aussi dans la protection des dunes de sable en favorisant leur stabilisation. Pour ce faire, on installe une clôture sur les dunes dénudées et on plante l'ammophile (foin des dunes). Cette plante indigène contribue à retenir le sable et empêche l'érosion des dunes. L'organisme a aussi un programme de sensibilisation et d'intervention pour mieux informer la population de la fragilité des lieux.

Donc, si vous allez aux Îles, n'oubliez pas que ce petit coureur de grève est bien fragile. Attention à vos pas quand vous marchez sur la plage et, surtout, n'allez pas couper ce précieux foin sauvage pour décorer votre salon.

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LES PERRUCHES DE LONDRES

Je vous ai déjà parlé des cygnes de Sa Majesté. Aujourd'hui, je vous présente les perruches de Londres. Vous vous rappelez que Sa Gracieuse Majesté aimait assez les cygnes pour les adopter tous. Il faut dire qu'elle en a les moyens et que ce n'est pas elle qui les nourrit tous les matins.

Va-t-elle avoir une aussi grande générosité envers les perruches à collier qui envahissent Londres depuis les années 1970 ? Peut-être pas, car à lire ce qui suit, ces gentilles perruches ne semblent pas aussi sympathiques qu'on peut le penser.

L'oiseau

L'oiseau est pourtant une beauté ! Sa taille peut atteindre quarante centimètres. Son plumage vert flamboyant est agrémenté d'un collier noir chez le mâle. Son bec est rose vif et son œil noir est cerclé de jaune ou d'orange. Sa grande queue fine lui donne beaucoup d'élégance. Originaire de l'Asie et de l'Afrique, la perruche à collier fait partie de la vie quotidienne de l'Inde depuis plusieurs décennies.

Étant appréciée comme oiseau de compagnie, ce petit perroquet a voyagé à travers le monde et s'est retrouvé à l'état sauvage dans 35 pays, surtout en milieu urbain, soit que les oiseaux se sont échappés de captivité ou ont été libérés volontairement, bien que la mise en liberté des oiseaux exotiques soit strictement interdite.On prétend même qu'une évasion massive a déjà eu lieu à la station de quarantaine de l'aéroport Heathrow près de Londres.

C'est la sous-espèce venant de l'Inde qui s'est répandue en Grande-Bretagne, particulièrement à Londres. Elle est même signalée en Écosse un coin plutôt frais en hiver. Mais, elle ne pourrait pas survivre au Québec en pleine nature, notre climat étant trop rigoureux.Plusieurs études ont été menées récemment par des scientifiques anglais sur cette perruche. On analyse les dangers de sa propagation et les effets néfastes sur la faune et la flore locales.

Sa propagation

La première mention de nidification en Angleterre remonte en 1855 à Norfolk, mais la petite colonie n'a pas survécu. C'est en 1969 qu'on la retrouve à l'état sauvage et que le second cas de nidification est signalé.

À partir de là, sa propagation est fulgurante. Elle peut vivre une vingtaine d'années et produire deux oisillons par année. En 1969, on comptait 15 individus et en 2002, le nombre est monté à 5700 oiseaux et plus. C'est effarant selon les scientifiques britanniques et ça risque d'avoir un effet néfaste sur les espèces locales.

On estime, d'après ces études, qu'au moins 4000 d'entre elles évoluent librement à Londres. Elles se tiennent en colonies de 100 à 200 oiseaux dans les parcs, les cimetières et les terrains de jeu. Elles passent la nuit dans les arbres et font une quantité de fientes, un peu comme les pigeons chez nous.

Fait cocasse, à Esther, au sud de l'Angleterre, un club de rugby abrite une colonie de 2500 perruches à collier. Pour souligner ce fait, l'organisation sportive songe à changer son nom pour celui de " Perrokeets ".

Mais tout le monde n'a pas cet humour à l'Anglaise. Les perruches en liberté, selon les scientifiques, sont une menace à l'environnement. Leur nombre croissant et leurs mauvaises habitudes en font de parias de la société.

Voyons comment elles sont devenues un sujet d'inquiétude pour la population locale.

Effets néfastes sur la faune et la flore

La perruche n'a apparemment pas de prédateurs. Étant très agressive, elle chasse tous les autres oiseaux aux postes d'alimentation. Elle commence à nicher à la mi-février, un mois avant les espèces locales. Elle est donc un danger pour les espèces indigènes.

Elle est un véritable fléau pour les agriculteurs. Elle menace les cultures fruitières surtout les pommes et les poires. Elle a la mauvaise habitude de prendre une seule becquée dans chaque fruit, un peu comme un enfant mal élevé.

Elle raffole des céréales et une colonie de perruches peut ravager un champ entier en un rien de temps. Les fermiers ont donc sorti leur fusil pour protéger leurs récoltes.

Il y a hélas les opportunistes qui cherchent à profiter de cette malheureuse situation. En effet, les jeunes partent à la chasse à la perruche pour les capturer vivantes et les vendre aux animaliers. Drôle de retour aux sources car ces oiseaux sont des descendants des spécimens importés comme oiseaux de compagnie. Les acheteurs pensant que ces perruches peuvent parler aisément, sont vite déçus et retournent les volatiles dans la nature.

Et, le cycle recommence…

Une association pour la protection de la nature voit ce petit perroquet d'un bien mauvais œil. Elle prépare actuellement un document pour démontrer que cet oiseau peut menacer sérieusement l'avifaune anglaise. Son rapport est donc à surveiller.

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L'AUTRUCHE

Des terres arides d'Afrique au climat rigoureux du Québec, l'autruche est impressionnante à bien des égards. Elle est fascinante tant par sa taille que par sa grâce. Elle habite encore à l'état sauvage dans certaines contrées arides d'Afrique. Elle se nourrit des plantes du désert qui lui donnent assez d'eau pour sa subsistance.

Description

L'autruche est, et de loin, le plus grand et le plus gros des oiseaux du monde. Elle mesure environ 2,50 mètres de haut et peut peser jusqu'à 200 kilos. Elle est incapable de voler mais court rapidement sur de longues distances. Elle se déplace à une vitesse de 40 à 50 km/h avec des enjambées pouvant atteindre 4 mètres.

On est porté à ridiculiser ce bel oiseau en mettant l'accent sur sa petite tête et son peu d'intelligence explicable par la petitesse de son cerveau qui est deux fois plus petit qu'un seul de ses yeux. Il faut dire qu'elle a de grands yeux, l'autruche, avec de longs cils qui feraient l'envie de bien des jeunes filles.

Son plumage

Les plumes ont toujours fait la beauté des oiseaux et c'est particulièrement le cas chez l'autruche. Le plumage du mâle est d'un noir luisant avec les ailes et la queue blanches. La femelle est moins spectaculaire. Son plumage est gris marron mais d'une extrême douceur. Sa couleur neutre lui sert de camouflage quand elle couve ses œufs.

Les humains ont vite fait de tirer profit de cette richesse que représentent les plumes d'autruche. On raconte que les Égyptiennes s'en servaient comme ombrelle. Les Romains en ornaient leur casque de bataille en signe de distinction et de courage.

Marie-Antoinette les a introduites à la cour de France et la mode s'est perpétuée jusqu'au 20e siècle. Ce fut longtemps l'ornement indispensable pour la plupart des styles de chapeaux.

Enfin, ses plumes étaient très prisées pour les parures des danseuses de cabaret. Elles ont eu leur heure de gloire mais elles ne sont plus utilisées que pour quelques spectacles à caractère historique.

Un oiseau rigolo

L'autruche est souvent représentée dans les dessins animés à cause de son allure et de sa démarche qui en font rire plusieurs. Vous l'avez sûrement vue si vous êtes des fans de Bugs Bunny. C'est qu'elle fait rigoler tout le monde en se dandinant sur des échasses de près de deux mètres de haut avec en plus, la croupe truffée de plumes. Ça ne donne vraiment pas un air sérieux à la bestiole.

De plus, son long cou dénudé recouvert de duvet seulement est surmonté d'une petite tête qui semble bien minuscule pour un si gros oiseau. Ajoutant à cela ses comportements bizarres, le tout ne donne pas de sérieux à cet oiseau énigmatique.

Certains ont tenté de la monter comme un cheval, mais c'est un sport plutôt risqué.

Comportements bizarres

Qui ne connaît pas l'expression " faire l'autruche" qui signifie nier l'évidence. Mais, n'allez pas vous imaginer que cet oiseau est si bête que ça ! Il est vrai que pour se cacher de ses ennemis, elle s'étend de tout son long sur le sol, pensant être invisible. Elle n'a peut-être pas tort, car ainsi, elle se confond avec le paysage.

Si la femelle se sent menacée quand elle est sur son nid qui est une simple dépression du terrain, elle allonge le cou sur le sol pour se camoufler. Parfois, elle met réellement la tête dans le sable pour vérifier la présence de ses œufs et enlever les petits rongeurs qui se réchauffent à la chaleur des œufs. Voilà un comportement maternel digne de mention.

Comme le disait Samuel Beckett: "N'importe quel imbécile peut fermer l'œil, mais qui sait ce que voit l'autruche dans le sable".

L'élevage de l'autruche

L'autruche étant considérée comme un "animal du désert", elle peut subir plusieurs variations de température et donc s'adapter facilement à différents climats. C'est une des raisons qui a motivé des fermiers audacieux à se lancer dans l'élevage de l'autruche au Québec. Plus d'une dizaine de fermiers ont relevé le défi avec succès.

La principale ressource qu'on tire de son élevage est la viande qui est appréciée pour ses qualités gustatives et diététiques. Elle a la couleur et le goût du bœuf, mais elle est plus tendre. C'est un mets recherché par les fins gourmets.

Le cuir souple de cet oiseau commence à faire son entrée sur le marché pour la fabrication des vêtements, souliers et sacs à main.

Enfin, pour rentabiliser leur exploitation, certains fermiers proposent des visites guidées pour faire connaître leurs produits. À vous d'en profiter, vous serez sûrement émerveillés.

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LE CANARD, CE NOUVEAU VENU SUR NOS TABLES

La chasse aux canards

On associe souvent le canard à la venue de l'automne, car c'est en septembre que commence la chasse à ce palmipède recherché.

On le chasse à l'état sauvage depuis des centaines d'années. On trouve des références à son sujet dans les textes de saint Augustin (354-430 A. D.), lui qui n'était pas réputé pour sa gourmandise. Ronsard (1524-1585) dans sa poésie en a fait mention à quelques reprises. Au début de la colonie, on le chassait pour subvenir à une importante partie de l'alimentation.

Mais, peu à peu, cette activité devint une occupation de loisir encore prisée de nos jours. Maintenant, on s'intéresse à l'élevage du canard, car sa viande est riche et savoureuse. Elle permet toute une variété de plats pour le bonheur des fins gourmets.

Ses origines

D'où nous vient donc ce délicieux canard que l'on retrouve de plus en plus sur nos tables? Ce gros palmipède blanc au bec et aux pattes jaunes trouve ses origines en Chine où il a été domestiqué depuis 4000 ans. Il a été introduit en Europe au milieu du 19e siècle. Il a ensuite été importé aux États-Unis en 1873. C'est un New-Yorkais établi sur les rives du lac Brome qui, le premier, en a fait l'élevage chez nous, dès 1912. C'est donc au lac Brome que se trouve la plus vieille canardière au Québec. Elle est devenue le chef de file dans la promotion du canard à l'échelle commerciale.

Maintenant, plusieurs éleveurs nous offrent leurs produits dans différentes régions. Ils rivalisent d'adresse et d'imagination pour diversifier leur production à la grande satisfaction des consommateurs. On trouve même quelques fermes spécialisées dans l'élevage du canard destiné au foie gras. Ce n'est donc plus un plat de luxe réservé aux rois et aux mandarins. Le canard avec sa viande exquise apporte un renouveau dans la cuisine moderne.

Les différentes variétés

C'est le canard de Pékin surnommé le "Roi des canards asiatiques" que l'on retrouve le plus souvent à l'épicerie. Il est utilisé traditionnellement pour cuisiner le fameux "canard laqué" qui est un vrai délice et les petites crêpes mandarines très recherchées des fins gourmets. On peut trouver aussi le canard impérial qui est de 10 à 15% moins gras. C'est le canard de Pékin amélioré pour ceux qui le préfèrent plus maigre.

Dans certaines boucheries, on peut se procurer des canards de Barbarie plus gros et plus gras. Ce gras est plein de saveur et peut être utilisé pour les confits. Le foie gras vient d'une autre espèce le mulard qui est un croisement entre le canard de Barbarie et une cane commune. C'est un canard particulièrement gras réputé pour son foie.

Le gavage des canards

Pourquoi le foie du canard est-il si gras ? C'est que celui-ci n'a pas entièrement perdu son patrimoine génétique. En effet, étant un oiseau migrateur, il avait l'habitude de se gaver avant d'entreprendre sa longue migration pour retrouver son aire de nidification. Il prévenait ainsi des pénuries de nourriture qui pouvaient survenir durant le voyage. Étant devenu sédentaire dans les fermes d'élevage, ce réflexe naturel n'est plus nécessaire. Cependant, certaines fermes d'élevage pratiquent le gavage des canards en introduisant de la nourriture de force dans le gosier de l'oiseau. C'est que ces fermes cherchent une plus grande rentabilité au détriment du bien-être des oiseaux.

C'est une pratique un peu barbare qui nous vient des égyptiens et des romains qui voulaient des canards plus dodus à présenter lors des banquets. Les gaveurs spécialisés nous affirment que les canards étant très gourmands gloussent de plaisir à la vue de la nourriture. C'est peut-être vrai jusqu'à un certain point, mais je doute qu'ils aiment être gavés au-delà de leurs besoins énergétiques.

Un certain équilibre

Au Québec, comme ailleurs au Canada et aux États-Unis, on se regroupe en coalition pro animaux pour alerter le public sur le gavage des canards. Il s'agit d'une pratique abusive simplement pour alimenter l'industrie du foie gras. Il y a une juste mesure à respecter pour profiter de la chair de ce délicieux palmipède, tout en lui garantissant une alimentation saine et équilibrée. L'animal étant passé d'oiseau sauvage à oiseau d'élevage, son mode de vie a bien changé et ses besoins aussi.

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LES OISEAUX EN PÉRIL

La population des oiseaux est en constante diminution dans le monde, et ce, à un rythme alarmant. C'est pour cela que les autorités intéressées à la conservation de ce patrimoine ont jugé bon d'intervenir. Des conventions et des lois ont été adoptées pour protéger les espèces menacées. Est-ce suffisant? L'avenir nous le dira. Commençons par nous demander pourquoi les populations d'oiseaux sont en régression, même dans leurs milieux naturels.

La déforestation

La déforestation est la cause principale du déclin et elle met en péril 85% des oiseaux dans certaines régions du globe. De 1960 à 1999, 20% des forêts tropicales ont été coupées ou brûlées et ça continue. Or, 75% des oiseaux menacés vivent en milieu tropical, souvent sur de très petits territoires tel le Costa Rica.

Ici, en Amérique du Nord, on procède au reboisement après une coupe massive, mais bien souvent, on ne tient pas compte de la diversité de la forêt originelle. La forêt replantée devient une monoculture faite d'arbres de la même dimension et de la même espèce.

Le déclin des populations d'oiseaux se produit à cause du manque de diversité dans l'habitat. Dans certains pays, comme la Finlande, on élimine les arbres morts et trop vieux, ce qui détruit l'habitat du Grand Tétras et du Pic noir. On réalise maintenant ces erreurs et des études scientifiques sont en cours pour remédier à cette situation.

La chasse abusive

Dans plusieurs régions du globe, la chasse abusive nuit à l'oiseau, tant pour sa conservation que pour sa reproduction. Commençons par chez nous.

Aux premiers temps de la colonie laurentienne, la chasse aux tourtes était une activité qui se pratiquait à grande échelle. Les habitants raffolaient de sa chair. C'était un mets délicieux. L'oiseau ne se vendait pas cher et on en retrouvait sur toutes les tables. On croyait cette population d'oiseaux inépuisable, mais en 1875, on sera témoin des dernières volées de tourtes au Québec.

Quant aux Oies blanches¹et aux outardes², l'homme utilisera toutes les ruses pour les chasser. Les oies étaient très nombreuses à l'arrivée des Européens en Amérique. Cependant, en 1860, on n'en compte plus que 3000. Des mesures sévères préservent maintenant ces oiseaux et leur nombre est toujours croissant.

Les Bruants des neiges étaient aussi recherchés pour leur chair délicate et savoureuse. Contrairement à la tourte, l'espèce a résisté aux assauts répétés des chasseurs et on les retrouve encore aujourd'hui, la chasse de cet oiseau ne se pratiquant plus de nos jours. En Chine, toutefois, contrairement à notre pays, le bruant est toujours chassé malgré un interdit datant des années quatre-vingt-dix. Il s'en tue, chaque année, plus de 100 000 de plusieurs variétés uniquement pour la consommation, même si la partie comestible de l'oiseau ne fait qu'une bouchée.

Les perroquets qui sont répartis en 330 espèces dans le monde sont l'objet d'une capture intensive pour être revendus comme oiseaux de volières. Même si une convention internationale interdit le commerce de plusieurs catégories de perroquets, les lois continuent à être violées et le braconnage est toujours pratiqué. C'est que ces oiseaux se revendent très cher sur le marché noir, vu leur popularité grandissante en raison de leur coloris magnifique et de leur habilité à imiter la voix humaine.

La faune domestique

La plupart des oiseaux insulaires vivent dans des milieux fragiles et la perturbation de leur habitat leur est souvent fatale. La disparition de leur espèce est très souvent due à l'arrivée d'une faune domestique ou d'espèces étrangères sur leur territoire. L'introduction accidentelle d'un serpent sur l'île de Guam en Asie a mené à l'extinction de 12 des 14 espèces endémiques de l'île dans les années quatre-vingt. On dit souvent que les gros mangent les petits.

C'est le cas pour les oiseaux, ainsi, on pense aux chats, chiens, porcs, chèvres, rats et souris qui détruisent l'habitat des oiseaux ou les dévorent tout simplement. Les rats qui s'échappent des cales des navires dans les ports causent de nombreuses pertes dans le monde aviaire. Chez nous, en Amérique du Nord, on estime que les chats dévorent plusieurs millions d'oiseaux annuellement.

La pénétration du Virus du Nil en Amérique via le port de New-York en 1999 a fait beaucoup de ravages et l'épidémie continue de causer de la mortalité chez les oiseaux de même que chez les humains.

La pêche intensive

La pêche commerciale au filet continue de faire des centaines de victimes chez les oiseaux de mer, entre autres, l'albatros et le pétrel. Ces oiseaux cherchent à avaler les appâts lors de la mise à l'eau des lignes. Ils restent accrochés aux hameçons et meurent noyés. Certains pêcheurs appâtent jusqu'à 12 000 hameçons sur un fil qui n'en finit plus. Aucun oiseau sur ce parcours ne peut résister à un appât bien frais.

Une trentaine de pays dont le Canada utilisent ce procédé. Des mesures simples pourraient réduire la mortalité des oiseaux. Il s'agirait d'alourdir les lignes pour qu'elles s'enfoncent plus vite dans l'eau ou de les installer la nuit. Plusieurs pays doivent bientôt ratifier un accord visant à réduire l'impact de leurs activités sur la faune ailée.

Conclusion

Lprès avoir constaté tant de méfaits causés par la négligence humaine, des efforts louables sont faits pour remédier à la situation. Les gens deviennent plus respectueux de leur environnement et sont plus soucieux de l'importance d'une bonne qualité de vie. Les oiseaux petits et grands sont toujours une source de joie et personne n'est intéressé à les voir disparaître.

1- nouveau nom: Oies des neiges

2- nouveau nom: Bernaches du Canada

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LES OISEAUX DE CAGE OU LES OISEAUX DE COMPAGNIE

Quand l'automne arrive et que l'on voit partir nos beaux oiseaux vers des climats plus chauds, il nous vient peut-être à l'idée de nous procurer un petit oiseau de compagnie pour égayer nos longues journées d'hiver.

Choix d'un oiseau

L'idée est bonne et le choix très vaste. Les animaleries nous proposent un grand nombre d'oiseaux. Il s'agit de choisir selon nos goûts et nos habitudes, mais ne jamais acheter un oiseau de compagnie sur un coup de tête. Il faut se renseigner et prendre conseil de personnes expérimentées. Après quelques recherches, j'ai découvert que l'oiseau de compagnie le plus populaire au monde est la perruche ondulée.

La perruche ondulée

Origine

La perruche ondulée est un petit perroquet granivore, originaire de l'Australie. Elle est de couleur vert tendre, mais après quelques mutations, on retrouve plusieurs coloris. Elle fut officiellement découverte vers 1790, mais c'est vers 1840 que les premiers spécimens en cage arrivent sur le continent européen. En amour avec ce petit oiseau, les gens en réclament de plus en plus et c'est alors que débutent les importations massives. Le gouvernement australien, conscient du danger pour la survie de l'espèce, en interdit le commerce au début des années 1900.

Caractéristiques

L'élevage est déjà bien établi et les premiers rejetons nés en captivité apparaissent vers 1855. Les éleveurs procèdent à des mutations en 1870. Certains oiseaux se colorent en jaune, des mutants bleus sont découverts en 1917 et enfin, le plumage blanc apparaît en 1920. Aujourd'hui, les coloris sont innombrables et les consommateurs n'ont que l'embarras du choix.

Comportement

La perruche ondulée est un oiseau très facile à vivre et qui demande peu d'attention après avoir comblé ses besoins de base. Elle peut se contenter d'une petite cage, à condition de faire de l'exercice. Si elle est seule, il lui faut des jouets et surtout des miroirs. On peut la faire voler dans la maison, mais, attention aux portes et fenêtres.

Il faut parler souvent avec elle en répétant les mêmes phrases. On choisit des sons de gorge comme le "c" et le "k" qu'on retrouve dans les noms suivants : "Cocotte" ou "Coconut". J'ai eu longtemps, chez-moi, une "cocotte" de couleur bleue. Ma fille Brigitte l'avait habituée à parler et chaque fois que quelqu'un entrait dans la maison, on entendait une drôle de voix qui disait en chantant : "Cocotte est contente". Ça amusait beaucoup les visiteurs à la grande joie de toute la famille.

La perruche calopsitte ou cockatiel

Un autre choix bien avisé reste dans la famille des perroquets. C'est le "cockatiel" appelé aussi "perruche calopsitte". C'est un petit oiseau très attachant enjoué et affectueux. C'est un bon compagnon pour plusieurs années.

Origine

Tout comme sa cousine la perruche ondulée, il vient d'Australie et c'est vers 1845 qu'on a commencé à l'importer en Europe. Mais depuis 1960, cet oiseau est frappé d'un interdit d'exportation. Les cockatiels que nous retrouvons aujourd'hui sont donc des produits d'élevage.

Caractéristiques

Ce petit oiseau mesure environ 30 cm de la tête à la queue, mais il est à remarquer que les plumes de sa queue sont assez longues.

Autre trait distinctif, c'est la huppe sur sa tête, que l'oiseau peut déployer ou refermer pour exprimer certains sentiments comme la peur ou la colère.

Sa coloration peut varier beaucoup à cause des mutations produites ces dernières années.

Comportement

Le cockatiel est très sociable et il est très facile à apprivoiser. Il adore le contact humain et peut rester perché des heures sur votre épaule.

Il peut apprendre à prononcer quelques mots mais surtout siffler des mélodies. Son vocabulaire est plus restreint que celui de la perruche ondulée. On dit que le mâle est plus volubile que la femelle.

Sa santé est plus robuste que les autres perruches. Avec de bons soins et une nourriture appropriée, il peut vivre une quinzaine d'années. Voilà pourquoi ce petit oiseau est digne de notre affection.

Les inséparables

Même s'il est difficile de choisir parmi plusieurs oiseaux de volière, les inséparables sont aussi un excellent choix. Ces petits oiseaux achetés en couple, de préférence, vous donneront des heures de plaisir. Un peut bruyants peut-être, mais tellement attachants.

Origine

Contrairement aux autres perroquets, les inséparables sont originaires d'Afrique et de Madagascar. Ils ont été importés en Europe dès le 17ième siècle en tant qu'"oiseaux d'ornement". Ce n'est qu'au début du 20ième siècle qu'on constate les premières vagues d'importations de l'oiseau dans le but d'en faire l'élevage. Certaines espèces ont été importées en Allemagne en 1860, en Autriche vers 1900 puis en Angleterre en 1923. Aujourd'hui, le commerce en est strictement règlementé.

Caractéristiques

On dénombre neuf espèces d'inséparables et leurs noms sont généralement liés à leur apparence ou à leur lieu d'origine. Ils sont de petits oiseaux trapus au bec crochu. Ils mesurent de 10 à 15 cm et pèsent de 40 à 70 g. La couleur dominante est le vert mais avec les mutations, on retrouve toute une gamme de couleurs.

Comportement

Les inséparables sont célèbres pour la tendresse que s'échange le mâle pour sa femelle. Leur fidélité est légendaire. C'est la France qui leur a donné le nom d'"Inséparables". Les anglais les appellent "love birds".

C'est pourquoi il vaut mieux les acheter par couple ou toujours en nombres pairs. Ils ont absolument besoin de compagnie et leur vie sociale est très développée.

Conclusion

Voilà, je vous ai présenté quelques oiseaux de volière parmi tant d'autres. Peut-être aurez-vous le goût de vous procurer un de ces gentils volatiles. Le choix est vaste et bonne chance si vous vous lancez dans l'aventure.